Patrice Hennion : le chanvre tous azimuts

Façonnier, vendeur, chercheur et addictologue, Patrice Hennion cumule tous ces métiers du marché des cannabinoïdes avec ses quatre entreprises. Et il nous a confié son secret !

Patrice Hennion : le chanvre tous azimuts

Certains pourraient le qualifier d’hyperactif. Parlons plutôt de « serial entrepreneur ». Après avoir créé plusieurs start-up du digital de 2002 à 2013, Patrice Hennion a fondé, depuis 2014, quatre sociétés autour de la vape et des cannabinoïdes.

Tout commence quand il voit se former de longues files d’attente devant les premiers magasins d’e-cigarettes. Au gré de ses échanges avec des gérants, il apprend leurs difficultés d’approvisionnement et, plutôt que d’ouvrir lui aussi un magasin, devient façonnier d’eliquides. Il crée alors Aeroma (aeroma.fr). Pourtant, admet-il, « je me suis lancé six mois trop tard car je ne voulais pas de machines chinoises et j’ai attendu la livraison de modèles français, plus qualitatifs. Mais à cause de cela, j’ai raté le coche, et je n’ai pas pu profiter du marché autant qu’espéré ».

Une erreur que Patrice Hennion ne reproduit pas avec le CBD… En 2017, il est contacté par un homme atteint de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). Ce dernier lui confie que les cannabinoïdes le soulagent, mais que la combustion aggrave sa maladie. Un cercle vicieux qu’il souhaiterait casser en proposant à l’entrepreneur d’élaborer des e- liquides au CBD.

Fabriquer pour d’autres

Patrice   Hennion   commence   à   élaborer ses premiers produits aux cannabinoïdes. « Mais, entre le flou du cadre réglementaire et les prix très élevés du CBD, les débuts ont été compliqués, ce n’était pas très rentable », explique-t-il. Aujourd’hui, pourtant, les produits au CBD représentent 30 % du chiffre d’affaires d’Aeroma, qui s’élève à 1,2 million d’euros. « Ça marche de mieux en mieux, même si la fleur reste le gros du marché », nuance Patrice Hennion. Lui refuse de faire commerce des produits à fumer, et se concentre sur les e-liquides. « En termes de santé publique, la fleur à fumer me gêne, le vapotage est au départ un moyen d’arrêter de fumer, justement… »

Sa deuxième entreprise, Elican SWA, propose d’ailleurs des solutions de prévention contre les addictions en entreprise. « C’est le pendant éthique de mon activité. Je travaille sur le cannabis, dont la forme stupéfiante est addictive. Quand sa consommation n’est plus un plaisir, ça devient une maladie, l’addiction, qui nécessite d’être traité. »

Outre ses propres marques, Yzy CBD et Sativap, qui sont notamment commercialisées dans le réseau Yzyvapstore (sa troisième entreprise), Aeroma produit des e-liquides pour d’autres, en tant que Contract Development Manufacturing Organisation (CDMO). « C’est même notre principale activité. Lancer ses propres marques est compliqué, il y en a déjà beaucoup dans le CBD, il faut jouer des coudes pour se démarquer. Fabriquer pour les autres est plus simple », reconnaît Patrice Hennion. Quatrième et (pour l’instant) dernière entreprise du Nordiste : Elican Biotech (elican.fr). La start-up est spécialisée en R&D pour l’extraction de CBD et la production de « cannabis bien-être » mais aussi thérapeutique (ces deux branches devraient bientôt se séparer, ce qui portera à cinq le nombre de ses entreprises). Elle attend d’ailleurs l’autorisation de l’ANSM pour entamer la recherche médicamenteuse, et espère pouvoir produire son premier traitement dès 2024. 

 « J’essaie toujours de créer des liens entre mes différentes sociétés, et le cannabis thérapeutique est la dernière corde qu’il manque à mon arc, en quelque sorte »

Sur la brèche

Pour la partie bien-être, Patrice Hennion voit aussi de nombreuses pistes d’évolution : « Les cannabinoïdes sont un marché très large ; or aujourd’hui les deux seuls produits légalement sûrs sont les e-liquides et les cosmétiques. La prochaine étape, c’est la “food”, encore faudrait- il obtenir les agréments européens. » Raison pour laquelle il est membre de l’European Industrial Hemp Association (EIHA), lobby européen dans lequel il est actif sur la partie « Novel Food ». Le réseau est en cours de finalisation d’une étude à trois millions d’euros pour prouver l’intérêt et l’absence de risques du CBD dans la nourriture. « Et, cette fois, on a anticipé, donc Elican Biotech sera parmi les premiers sur le marché dès que l’autorisation pointera le bout de son nez », assure Patrice Hennion. « Le CBD a de l’avenir, conclut-il, car il est un élément apaisant de notre société ultra- stressée. Et quand on est moins stressé, on est moins malade, c’est prouvé ! » Lui-même a un deuxième secret, pour éviter l’ulcère malgré ses nombreuses activités :     « J’ai d’excellents collaborateurs, auxquels je fais confiance et sur lesquels je peux me reposer sans avoir à les surveiller en permanence. »

Aeroma produit ses propres marques, mais fabrique aussi pour d’autres.

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