Le CBD, un marché en hypercroissance qui doit trouver son équilibre

Si le marché français du CBD est en plein boom depuis un an, il est entré dans une phase de stagnation, notamment en raison des craintes suscitées par le projet d’arrêté encadrant son commerce.

Le CBD, un marché en hypercroissance qui doit trouver son équilibre

Le marché français du cannabidiol explose depuis « l’arrêt Kanavape » prononcé par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) le 19novembre 2020. Il représenterait désormais près de 600 millions d’euros de chiffre d’affaires pour la seule année 2021, dont 400 millions pour la vente de fleurs et 200 pour le marché des extraits et dérivés.

1 700 CBD shops en 2021

Alors qu’on estimait à 400 le nombre de boutiques spécialisées dans l’Hexagone en mars 2020, elles seraient aujourd’hui plus de 1 700, selon Charles Morel, président de l’Union des professionnels du CBD (UPCBD). Sans compter les huit à dix mille buralistes revendeurs, chiffre avancé par le Syndicat professionnel du chanvre (SDC) et les 3 000 pharmacies et parapharmacies (elles n’étaient qu’une centaine en 2020) et les 1 000 points de vente de la grande distribution qui proposeraient huiles et compléments alimentaires sur le territoire, selon l’Union des industriels pour la valorisation des extraits de chanvre (UIVEC). Mais, désormais, de nombreux entrepreneurs du secteur craignent pour leur avenir. « Depuis quelques mois, nous sommes dans l’attentisme, le nombre de boutiques stagne, et celles qui existent font le dos rond, par peur d’une publication imminente de l’arrêté prévu par la France », note Charles Morel. [À l’heure où nous écrivons ces lignes, l’arrêté n’a pas encore été publié, NDLR]. En effet, le projet d’arrêté soumis à la Commission européenne par la France prévoit une interdiction de la vente de fleurs et feuilles de chanvre aux consommateurs, ce qui tuerait donc la principale source de revenus des CBD shops, et reste encore flou sur les possibilités liées aux extraits. Pour Ludovic Rachou, président de l’UIVEC, « dans tous les cas, le marché des fleurs finira par s’effondrer, comme on l’a observé aux États-Unis, où ils sont passés de 2 000 marques de CBD à l’apogée du secteur à 1 000 aujourd’hui, ou au Royaume-Uni où leur nombre a baissé de 1 000 à 300. Il y a trop de concurrence car l’hypercroissance du marché a séduit plus d’entrepreneurs qu’il n’en faut pour la demande, qui reste limitée ».

Le CBD s’est démocratisé

Des prévisions tempérées par Aurélien Delecroix, président du SDC. « C’est vrai, on se focalise trop sur les fleurs, alors que l’explosion du marché vient avant tout de la démocratisation du CBD. Nous ne sommes plus, comme en 2018, sur une clientèle d’aficionados du cannabis, aujourd’hui c’est monsieur et madame Tout-le-monde qui consomment du CBD. Et ceux-là préfèrent les huiles et compléments alimentaires aux fleurs… En revanche, on ne peut pas comparer la France aux États-Unis ou à la Grande Bretagne, car la France est le pays d’Europe où il y a le plus de consommateurs de cannabis récréatif, qui eux se tournent généralement vers les fleurs », constate-t-il.

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